En deux décennies, le nombre de personnes d’Afrique Subsaharienne extrêmement pauvres a quasiment été multiplié par deux : il est passé de 164 millions en 1981 à 313 millions en 2002. La pauvreté ne peut justifier les famines à elle seule, mais la malnutrition est indéniablement liée à cette problématique. Plus de 90% des populations souffrant de malnutrition habitent dans un pays en voie de développement.
De nombreuses grandes crises alimentaires se sont produites, non pas par manque de nourriture, mais par manque d’accès à cette nourriture. Indisponibilité d’aliments sur les marchés, difficulté d’accès aux marchés par manque de moyens de transport, manque de ressources financières, autant de facteurs qui augmente l’insécurité alimentaire des populations les plus vulnérables.
Les populations sont de plus en plus dépendantes des marchés pour se procurer toute ou partie de leur nourriture, particulièrement entre les périodes de récoltes, et deviennent donc de plus en plus vulnérables face à la volatilité des prix des matières premières. La récente crise alimentaire mondiale en est malheureusement le meilleur exemple.
Certaines maladies, comme la tuberculose, la rougeole ou les diarrhées, sont directement liées à la malnutrition, c’est un cercle vicieux. Ces 2 phénomènes fragilisent le métabolisme et facilitent le développement de l’autre.
C’est pourquoi le VIH/SIDA devient une des premières causes de la malnutrition. Un enfant séropositif est plus vulnérable face la malnutrition qu’un enfant séronégatif. De plus, dans le cas d’un enfant séropositif atteint de malnutrition, on doit d’abord faciliter une stabilisation nutritionnelle avant de lui administrer un traitement antiviral. Dans ce deux cas, la combinaison malnutrition et VIH/SIDA réduit considérablement l’espérance de vie de l’enfant.
Les conflits ont un impact direct sur la sécurité alimentaire des populations. Souvent obligées de fuir, celles-ci perdent l’accès à leur production agricole ou aux marchés les approvisionnant. Les champs ou les élevages alors abandonnés n’alimentent plus les circuits de distribution. Toutes ces conséquence volontaires ou non causent le désapprovisionnement en nourriture de nombreuses populations.
En l’espace de 30 ans, le nombre de catastrophes climatiques a été multiplié par quatre (on entend par « catastrophe » aussi bien les sécheresses que les cyclones, inondations, ...). Destructions des cultures, des infrastructures, prolifération de maladies, incapacité à cultiver ou à nourrir et abreuver le bétail, les conséquences des changements climatiques et des catastrophes naturelles sont souvent dramatiques et dévastateurs surtout dans des zones déjà vulnérables.
Selon la FAO, se penchant sur près de 40 pays en voie de développement, les pertes de la production agricole provoquées par les effets du changement climatique peuvent accroître de façon dramatique le nombre de victimes de la faim durant les années à venir.
La Somalie représente une crise typique de la malnutrition, une des plus longues et coûteuses en vies humaines. L’absence d’État et de services de base, l’inexistence de système sanitaire et de ressources régulières ont frappé la population qui connaît un des taux les plus élevés de malnutrition chronique sur la planète.
L’eau est synonyme de vie mais aussi parfois synonyme de mort. La mauvaise qualité de l’eau et de l’environnement sanitaire sont responsables de nombreuses maladies, qui favorisent le développement de la malnutrition.